Archives de catégorie : un regard citoyen

Vers une domestication de l’homme ?

Depuis l’origine de l’histoire, des élites dominent les peuples par la contrainte, physique, légale, religieuse, économique, médiatique ou autre…contrainte souvent tolérée au titre des avantages induits, du poids de la tradition, voire même de la simple fatalité.

Et chaque fois que cette domination rend la situation intolérable à une partie des peuples, des révoltes ou des révolutions la font évoluer vers…un nouveau type de contraintes [1]!

Aujourd’hui, la prétendue égalité des chances et la démocratie imputent aux mérites de chacun sa propre situation[2]. Toute idée de domination, de contrainte ou d’inégalité devient donc inadmissible et chacun, indéfiniment insatisfait d’un sort toujours injuste à ses yeux[3], n’en finit pas de maudire les élites du moment coupables de sous-valoriser ses vertus. Continuer la lecture de Vers une domestication de l’homme ?

Plaidoyer pour une utopie constructive

Depuis 30 ans, la France va de plus en plus mal. Sa voix s’éteint, son économie s’étiole, son école recule, son moral s’effondre. Même les plus désespérés des réfugiés d’un ancien protectorat français refusent de demander l’asile dans un pays aussi déprimant et l’on voit dans certaines compagnies aériennes africaines d’amusantes publicités attendant avec gourmandise le jour prochain où l’homme blanc émigrera vers l’Afrique ! Une candidate à la primaire américaine, pourtant démocrate, réfutait péremptoirement son adversaire d’un méprisant « nous ne sommes pas la France » et nos voisins les plus proches regardent avec tristesse ce que nous sommes devenus. Continuer la lecture de Plaidoyer pour une utopie constructive

L’entreprise au cœur de nos choix de société

Aujourd’hui, l’entreprise est au cœur des préoccupations de chacun, glorifiée ou honnie, objet d’attentions ou de luttes, espoir du monde ou fossoyeuse de la planète. Mais en fait qu’est-ce qu’une entreprise et en quoi est-elle porteuse ou non de choix de sociétés profonds ?

Ayant constaté auprès de nombreuses générations d’étudiants que ces principes de base de notre société n’étaient pas connus, nous allons faire dans la première partie de cet article un exposé assez didactique avant de revenir à des réflexions plus générales dans la deuxième partie. Mille pardons aux experts et à ceux qui savent déjà tout cela, de leur proposer ce rappel et les inévitables simplifications nécessaires à sa compréhension. Continuer la lecture de L’entreprise au cœur de nos choix de société

Vers une entreprise barbare ?

Virtualisation des actionnaires

Cupidité des courtisans

 

Il est incontestable que, depuis des siècles, l’entreprise est au cœur de la production de richesses, et que les succès des entreprises ont amélioré de manière considérable les conditions de vie de nos sociétés, occidentales dans un premier temps, et de nombreux autres pays plus récemment. Chacun peut mesurer ce que notre existence doit à la longue chaine d’entrepreneurs et d’inventeurs qui l’ont façonnée, ce que nos structures étatiques, nos systèmes sociaux, culturels, d’éducation, doivent à la productivité croissante des entreprises. Chacun peut d’ailleurs mesurer l’énergie que mettent des milliards d’humains à tenter de nous rejoindre[1].

Mais, comme nous l’avons vu, cet inéluctable progrès a profondément modifié nos comportements . Au-delà de ce constat, nous voudrions examiner ici ses conséquences au sein même de l’entreprise.

Continuer la lecture de Vers une entreprise barbare ?

Je suis Charlie….Mais pas que…..

Mercredi, la barbarie a surgi dans notre quotidien. Une barbarie qui a massacré sauvagement des femmes et des hommes qui bravaient courageusement depuis des années un danger qu’ils assumaient. Dessinateurs, policiers, agents de surveillance ou autres, ils sont aujourd’hui, ce que furent il y a 70 ans les résistants: des héros qui ont choisi,  au péril de leur confort, de leur famille, de leur peur quotidienne et de leur existence, de défendre sans concessions les valeurs de liberté qui les animaient. Même si, comme il y a 70 ans, on peut avoir des réserves sur certains moyens employés. Continuer la lecture de Je suis Charlie….Mais pas que…..

Vers des medias libres et responsables ?

 

Vers des medias libres et responsables ?

L’histoire

Dès 1836, Emile Girardin, fondateur du Petit Journal  proclame : « En France, l’industrie du journalisme repose sur une base essentiellement fausse, c’est-à-dire plus sur les abonnements que sur les annonces. Il serait désirable que ce fût le contraire. Les rédacteurs d’un journal ont d’autant moins de liberté de s’exprimer que son existence est plus directement soumise au despotisme étroit de l’abonné, qui permet rarement qu’on s’écarte de ce qu’il s’est habitué à considérer comme des articles de foi[i][]». Deux siècles après la création de la Gazette (1631), la presse moderne nait ainsi sous des préceptes clairs. L’explosion des moyens techniques d’impression et de diffusion, les progrès de l’éducation qui créent de nouveaux lecteurs, la baisse des tarifs pour conquérir un plus large public, et les lois sur la liberté de la presse font le reste : de 70000 exemplaires à la veille de la Révolution, le tirage quotidien passe à plus de 10 000 000 d’exemplaires à la veille de 1914. Une manne qui attire financiers et aventuriers. Et ceux-ci comprennent vite qu’une presse fondée sur la publicité, ne libère pas de la contrainte du lecteur : il y a plus d’un siècle, l’information spectacle nait ainsi de la double nécessité d’attirer le lecteur pour augmenter les tarifs de la publicité, sans pour autant déplaire aux annonceurs ni aux propriétaires. Continuer la lecture de Vers des medias libres et responsables ?

Discrédit des politiques et des médias, réflexions sur la transparence

Un ministre a fauté. De manière inexcusable et choquante.

Le désarroi du pouvoir semble total, la charge de l’opposition habituelle à défaut d’être normale: on ne manque pas une telle occasion d’oublier ses propres tourments. Continuer la lecture de Discrédit des politiques et des médias, réflexions sur la transparence

Scandale de la viande de cheval : plus qu’une fraude, un révélateur.

La Rome antique nous avait fait découvrir le miel falsifié par adjonction d’amidon, de vins cuits ou de farine. Le Mesnagier de Paris (1393) nous a donné la recette pour faire passer un morceau de bœuf pour de la venaison d’ours ou pour transformer du vin blanc en vin rouge. Louis XV avait dû sévir contre la fraude sur le lait qui prenait des proportions alarmantes. Et il n’est aucune région vinicole qui n’ait eu son scandale dans les dernières années.
Le remplacement de viande de bœuf par du cheval n’est donc qu’un maillon ordinaire dans la longue chaine des escroqueries alimentaires. Continuer la lecture de Scandale de la viande de cheval : plus qu’une fraude, un révélateur.