Tous les articles par gilles meurisse

A la rencontre du grand Tétras

C’est l’un des mythes des forêts du Jura. Tellement protégé que tout espoir de le rencontrer un jour semble vain.
Alors chacun cherche les dessins, les vitraux, les croquis, les cartes postales. Quelques photos de privilégiés agréés qui ont eu la chance de le voir consolent les autres et chaque promeneur espère que sa conduite vertueuse contribuera au développement de l’espèce..
Et puis, un jour, le grand Tétras est là, devant vous. C’est lui qui vous a cherché, les spécialistes disent que c’est un coq fou.
Il ne vous fuit pas, bien au contraire, et cherche même à vous impressionner si vous ne restez pas à bonne distance. Alors restez à une dizaine de mètres…et profitez du spectacle.

Cinq semaines en Arunachal

Voyage effectué en février mars,

galerie photos (cliquer ici)

Le texte ci-dessous complète les textes de la galerie photo et donne à la fin quelques informations pratiques, conseils de voyages, avis sur certains prestataires et des références bibliographiques.

L’Arunachal, vous connaissez ?

* A l’extrême Nord-Est de L’Inde, sur les abrupts contreforts de l’Himalaya, 85000km2 de montagnes qui dominent la plaine d’Assam et partagent des frontières avec le Bhoutan, le Tibet, la Chine et la Birmanie. Malgré l’impression que donne la carte d’Inde, le pays est à une latitude correspondant à 300km au sud du Caire, et donc a un climat beaucoup plus tempéré que les Alpes.

* Une zone à l’histoire bien agitée, administrée par l’Inde Britannique depuis 1826, puis par l’Inde indépendante depuis 1947 (sous le nom de NEFA, North East Frontier Agency), 25e état de L’Inde depuis 1987, c’est un territoire toujours revendiqué aujourd’hui en 2015 par la Chine[1] qui l’a attaqué en 1962, envahi totalement, écrasant l’armée indienne, puis s’est retirée sans explications au bout de quelques semaines. Il en reste aujourd’hui une présence considérable de l’armée indienne dans la région. Continuer la lecture de Cinq semaines en Arunachal

L’entreprise au cœur de nos choix de société

Aujourd’hui, l’entreprise est au cœur des préoccupations de chacun, glorifiée ou honnie, objet d’attentions ou de luttes, espoir du monde ou fossoyeuse de la planète. Mais en fait qu’est-ce qu’une entreprise et en quoi est-elle porteuse ou non de choix de sociétés profonds ?

Ayant constaté auprès de nombreuses générations d’étudiants que ces principes de base de notre société n’étaient pas connus, nous allons faire dans la première partie de cet article un exposé assez didactique avant de revenir à des réflexions plus générales dans la deuxième partie. Mille pardons aux experts et à ceux qui savent déjà tout cela, de leur proposer ce rappel et les inévitables simplifications nécessaires à sa compréhension. Continuer la lecture de L’entreprise au cœur de nos choix de société

Vers une entreprise barbare ?

Virtualisation des actionnaires

Cupidité des courtisans

 

Il est incontestable que, depuis des siècles, l’entreprise est au cœur de la production de richesses, et que les succès des entreprises ont amélioré de manière considérable les conditions de vie de nos sociétés, occidentales dans un premier temps, et de nombreux autres pays plus récemment. Chacun peut mesurer ce que notre existence doit à la longue chaine d’entrepreneurs et d’inventeurs qui l’ont façonnée, ce que nos structures étatiques, nos systèmes sociaux, culturels, d’éducation, doivent à la productivité croissante des entreprises. Chacun peut d’ailleurs mesurer l’énergie que mettent des milliards d’humains à tenter de nous rejoindre[1].

Mais, comme nous l’avons vu, cet inéluctable progrès a profondément modifié nos comportements . Au-delà de ce constat, nous voudrions examiner ici ses conséquences au sein même de l’entreprise.

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Air France, Talion et populisme

Le 5 octobre dernier, quelques salariés d’Air France ont violemment agressé certains cadres et vigiles du groupe. Les clichés et vidéos de l’évènement ont fait le tour du monde et suscité une stupeur et une réprobation quasi unanimes. Le 12 octobre dernier, 6 de ces salariés ont été interpelés à leur domicile et mis en garde à vue, 5 d’entre eux étant déférés au parquet pour « violences aggravées » et la direction d’Air France a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre de ces salariés. Continuer la lecture de Air France, Talion et populisme

Actionnaire de court terme

Pour une majorité d’actionnaires, l’horizon se rapproche

Il faut bien comprendre que dans une entreprise non cotée en bourse, l’actionnaire est engagé pour la durée de la société, en général plusieurs dizaines d’années, et qu’il ne peut en sortir qu’en cherchant un actionnaire qui rachèterait ses parts et prendrait sa place. S’il est minoritaire, c’est une opération souvent très compliquée, et s’il est majoritaire, c’est une vente de société, tout aussi compliquée. On comprend qu’il soit ainsi difficile pour une société non cotée de trouver des actionnaires mais on comprend tout autant qu’ils soient très attachés au long terme.
Pour remédier à cette difficulté, est apparue, surtout à partir du XIXe siècle, la bourse de valeurs, un marché d’échanges d’actions où chaque actionnaire peut venir offrir les actions qu’il veut vendre et où des acheteurs viennent indiquer leurs souhaits. Le rapport des acheteurs et des vendeurs fixe le prix. Sur ce marché, dit secondaire, l’achat d’actions n’est pas toujours un engagement à très long terme puisque l’actionnaire peut sortir assez facilement. L’entreprise ne reçoit aucune somme dans ces échanges et le cours de l’action n’a aucune influence directe sur son fonctionnement. Par contre le fait de rendre liquide le placement en actions facilite l’arrivée de nouveaux actionnaires sur le marché primaire (c’est-à-dire celui des émissions de nouvelles actions qui est le seul à apporter réellement de nouveaux capitaux à l’entreprise) donc la facilité pour les sociétés cotées d’augmenter leur capital si nécessaire.¹
Mais cette facilité a eu une autre conséquence : l’effacement du propriétaire dirigeant au profit de l’actionnaire investisseur² . De la notion de patrimoine, on est passé à celle de placement, puis à celle de support de placement. Et l’horizon même de ce placement ne cesse de diminuer, de 7-8 années dans les années 1950-1970 à 6 mois environ en 2014³
L’évolution des techniques financières a conduit à ce que, sur une période de 6 mois, les variations « accidentelles » de la valeur d’une action atteignent couramment 10 à 20% alors que le bénéfice par action sur la même période n’atteint souvent pas les 10% et le phénomène s’accentue encore lorsque la période de détention se raccourcit. Les propriétaires de court terme sont donc particulièrement sensibles à la seule valeur de l’action. Et cette valeur de l’action dépend autant de facteurs externes à l’entreprise (annonces des banques centrales, taux d’intérêt et ou d’inflation, anticipation de conjoncture mondiale…) que de facteurs internes à l’entreprise qui sont, (anticipation de bénéfice) ou ne sont pas, liés à la santé ou au développement de l’entreprise (projet de fusion ou de rachat, réduction de capital augmentant le bénéfice par action, entrée ou sortie d’un indice majeur type CAC40…).
De plus, ce marché boursier ne peut fonctionner qu’avec des divergences d’appréciation, voire d’information des acteurs puisque tout vendeur ne peut vendre qu’à un acheteur et réciproquement. Compte tenu de l’infinie rapidité des marchés[4], on peut ainsi assister à des variations très brutales sur une simple communication émise par l’entreprise, par des analystes ou des gourous dont nul ne sait quels sont leurs intérêts et objectifs réels, chacun ne pouvant gagner que s’il comprend une fraction de seconde avant « les autres ». La valeur de l’action, sur le court terme, diverge donc de plus en plus de la réalité de l’entreprise.
On comprend ici le rôle crucial de la communication qui tend de plus en plus à contrôler, voire à remplacer l’information.

[1] Pour avoir un ordre d’idées, la capitalisation boursière sur Euronext (Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Paris), c’est-à-dire la valeur totale des actions cotées au 1/1/2015 était de 2734 Mds€. Le volume annuel 2014 des transactions sur le marché secondaire était de 1535Mds€. Le montant des apports de capitaux sur le marché primaire actions était de 10,7 Mds€ (source Euronext Factbook 2014) .

[2] Encore que cette catégorie recèle des types très différents : du père de famille au trading haute fréquence en passant par les groupes industriels, les fonds, les fonds de pension….

[3] Source Euronext et nyse fact book 2014 (ce temps est encore plus court sur les marchés américains) NYSE, SG global strategy research cité par trendsetter.fr

[4] La SEC (Security Exchange Commitee) a remplacé sous outil de surveillance de la régularité des marchés à la milli seconde par un outil à la nanoseconde !!!!! car elle n’arrivait pas à suivre les manipulations de marché.

 

Je suis Charlie….Mais pas que…..

Mercredi, la barbarie a surgi dans notre quotidien. Une barbarie qui a massacré sauvagement des femmes et des hommes qui bravaient courageusement depuis des années un danger qu’ils assumaient. Dessinateurs, policiers, agents de surveillance ou autres, ils sont aujourd’hui, ce que furent il y a 70 ans les résistants: des héros qui ont choisi,  au péril de leur confort, de leur famille, de leur peur quotidienne et de leur existence, de défendre sans concessions les valeurs de liberté qui les animaient. Même si, comme il y a 70 ans, on peut avoir des réserves sur certains moyens employés. Continuer la lecture de Je suis Charlie….Mais pas que…..

Vers des medias libres et responsables ?

 

Vers des medias libres et responsables ?

L’histoire

Dès 1836, Emile Girardin, fondateur du Petit Journal  proclame : « En France, l’industrie du journalisme repose sur une base essentiellement fausse, c’est-à-dire plus sur les abonnements que sur les annonces. Il serait désirable que ce fût le contraire. Les rédacteurs d’un journal ont d’autant moins de liberté de s’exprimer que son existence est plus directement soumise au despotisme étroit de l’abonné, qui permet rarement qu’on s’écarte de ce qu’il s’est habitué à considérer comme des articles de foi[i][]». Deux siècles après la création de la Gazette (1631), la presse moderne nait ainsi sous des préceptes clairs. L’explosion des moyens techniques d’impression et de diffusion, les progrès de l’éducation qui créent de nouveaux lecteurs, la baisse des tarifs pour conquérir un plus large public, et les lois sur la liberté de la presse font le reste : de 70000 exemplaires à la veille de la Révolution, le tirage quotidien passe à plus de 10 000 000 d’exemplaires à la veille de 1914. Une manne qui attire financiers et aventuriers. Et ceux-ci comprennent vite qu’une presse fondée sur la publicité, ne libère pas de la contrainte du lecteur : il y a plus d’un siècle, l’information spectacle nait ainsi de la double nécessité d’attirer le lecteur pour augmenter les tarifs de la publicité, sans pour autant déplaire aux annonceurs ni aux propriétaires. Continuer la lecture de Vers des medias libres et responsables ?